La reconnaissance du jeu de société comme objet culturel

Le jeux de société est en pleine évolution certains politiques commencent à se poser la question du jeu de société comme objet culturel. Qu’en pensez vous ?Quel intérêt à cette reconnaissance ? TVA réduite à 5,5? Prix unique du jeu? A vos remarques et commentaires ?

Tous les objets culturels n’ont pas une TVA réduite, loin s’en faut.
A mon sens, la reconnaissance qu’un objet ou une production fait partie de la culture ne doit pas être lié à la taxe sur la valeur ajouté. Je ne vois pas de lien entre les deux.

Le prix unique du livre est une conséquence des lois Lang des années 80 pour protéger les libraires indépendants de la grande distribution, à l’époque. A mon sens, les conséquences ne sont pas toutes positives. Certes, le marché du livre se porte plutôt bien grâce à cela, mais les conséquences économiques, l’impossibilité de solder les livres en librairie par exemple, ont contraint le monde de l’édition à mettre en place une politique de reprise des invendus, financé par des sorties permanentes, et une mise au pilon massive de livres qui alimentent la production de nouveau.
Dans le monde du jeu, avec un support tangible, des volumes plus importants, des composants et éléments de jeux en matériaux différents, je n’imagine pas l’impact environnemental d’une telle politique.

Les conséquences, pour moi, de la reconnaissance du jeu comme objet culturel sont davantage dans les champs d’applications réglementaires, juridiques et sociales.

Aujourd’hui, les contrefaçons ou copies des jeux ne sont pas réglées par la jurisprudence de la propriété intellectuelle liée à la culture mais bien considéré comme des contrefaçons commerciales (et donc liées au code du commerce).
Ce serait un vrai plus pour la protection de la création et la protection des idées, elles, intangibles.

Autre exemple de conséquence, le droit d’usage public et/ou le droit de prêt.
Là encore, ces droits sont réglementés dans tous les domaines culturels : musique, livre, théâtre, danse, photo, cinéma, jeux vidéo. Faire rentrer le jds dans le monde de la culture nous oblige a y réfléchir et a trouver une solution adapté et acceptable.
Ces droits, dans tous ces milieux, servent des politiques publiques de promotion de l’usage. Ainsi, en dégageant des fonds, les organismes collecteurs financent des opérations nationales, des campagnes de pubs ou d’action ciblée en faveur des territoires ou populations éloignés de la culture.
A mon sens, la meilleure solution serait d’élargir le champs de compétence de la SOFIA au monde de l’édition de jeux de société, tout comme il y a quelques années le centre national du cinéma a vu ses compétences élargies à l’image animée (dessins animés mais aussi et surtout jeu vidéo).
Ce serait alors une révolution des pratiques à mettre en place, avec un système déclaratif d’usage public à l’achat des jeux, cofinancé par les éditeurs, en faveur de politiques nationales de promotion du jds.

Autre conséquence encore, la rémunération et la protection sociale des auteurs et autrices. Considéré comme objet culturel, la rémunération des auteurs serait analysé sur ces jurisprudence, notamment si elle est trop faible par exemple. Les auteurs de jeux seraient aussi des auteurs, et ainsi, leur régime de protection social et caisse de retraite seraient celles des auteurs et pas l’incroyable complexité actuelle.

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C’est quoi le definition d’un objet culturel déjà ?

Pour simplifier, je dirai qu’un objet culturel s’oppose à l’objet industriel, quand bien même l’objet culturel est reproduit industriellement. Je dirai qu’une partie de la démarche vient de l’acte de création et de sa diffusion, de la volonté de faire culture. Faire culture, c’est une modification, une inflexion des pensées, rapports ou pratiques entre humains. Un objet culturel, c’est donc un objet qui est actif sur l’ensemble d’un groupe d’humains (et pas forcément tous les humains), de manière visible
Evidemment, la frontière est parfois très floue, mais pourtant bien là. La nommer est, en soi, une reconnaissance que l’objet crée de la culture.

Je n’arrive pas à trouver une véritable définition officielle de tout ça du coup j’avoue être un peu perdu.

Les livres et le cinéma sont dans ce cas mais pas le jeu vidéo du coup c’est quoi qui est plus culturel dans le jeu de société qui n’est pas là dans le jeu vidéo ?

J’ai pas assez de données pour vraiment avoir une opinion là dessus

Le jeu vidéo est autant un objet culturel que le J2S et les deux
autres.

A la définition je rajouterais qu’un objet culturel c’est quelque
chose qui cherche à créer de l’émotion. Et qui n’a aucune utilité
pratique.

Donc un livre de cuisine n’est pas un objet culturel ?

Je dirais que si: faire à manger, c’est subvenir à ses besoins. Alors que cuisiner, c’est essayer de procurer du plaisir à travers ce qu’on fait. C’est pas “utile” que notre bouffe ait bon goût. (Mais j’avoue on est dans une zone de flou) :slight_smile:

Je ne suis quand même pas convaincu par l’aspect pratique je pense notamment à tout ce qui est historique, les jeux éducatifs type time line ou même tout ce qui est memoriel.

L’aspect pratique même si ce n’est pas le côté premier de l’œuvre est tout de même bien présent et c’est assez dur de dissocier les deux.

J’extrapole mais un jeu utilisé pour du team building perd son côté culturel du coup ?

C’est vraiment complexe, pour moi, parce que ça touche pas mal de notions.

Un jeu utilisé pour du team building n’est pour moi… plus un
jeu :-). Si un jeu est fait dans le but d’apprendre ou d’éduquer,
pour moi ce n’est plus vraiment un jeu (je suis un intégriste à ce
sujet)

Du coup il va falloir reprendre la définition du jeu XD

J’aime beaucoup la définition classique de Caillois. Un jeu est une activité:

  • Non déterminé (on ne sais pas au début qui finira par gagner)
  • Limitée dans le temps et dans l’espace
  • fictive (la roulette russe n’est pas un jeu)
  • Improductive (un joueur de foot professionnel ne joue plus vraiment quand il est sur le terrain)
  • Libre (si on se force à jouer on je joue plus)
  • Réglée
    Et celle là aussi: le jeu, c’est ajouter des contraintes inutiles. Exemple, faire la vaisselle n’est pas un jeu. En revanche, essayer de faire la vaisselle sur un seul pied…

Alors, la cuisine est culturelle. Elle définit même une culture, un ensemble d’us, de coutumes, de traditions, qui font qu’on ne mange pas la même chose, ni de la même façon, selon la culture. A travers le temps et l’espace, la cuisine tend à dire des choses sur la société qui la pratique (ou pas d’ailleurs, l’absence de cuisine est aussi culturelle). De ce fait là, les traditions culinaires font parties, pour certaines, du patrimoine culturel protégé.
Par contre, un livre de cuisine, en soi, n’est peut être pas un objet culturel, sinon un objet de transmission de la culture. Les personnes qui ont cuisiné, et qui cuisinent, qui reproduisent et parfois réinterprètent leur culture par la cuisine n’ont pas besoin du support. C’est bien pour ça d’ailleurs qu’on parle de patrimoine culturel immatériel. L’objet, en ce sens, n’est pas vecteur de culture, contrairement à un roman p